LE SECRET DES GARAMANTES – Frédéric PARADIS-DIJOL

9791094276150-GARAMANTES

LE SECRET DES GARAMANTES – Frédéric PARADIS-DIJOL

5.00 sur 5
Prix   |   19,90€

UNE PLONGÉE AUX SOURCES D’IMPROBABLES DESTINS CROISÉS

SORTIE LE 16 MARS 2018

Pierre-Marie Hamon, étudiant en thèse d’anthropologie, est envoyé au cœur du Sahara libyen pour y analyser le comportement des derniers Garamantes, une puissante peuplade déchue. Au terme d’un voyage dont le confort se limite à ce que lui permet sa bourse d’études, Pierre-Marie atteint les lieux de son étude, découvrant une oasis déserte dépourvue de toutes traces de civilisation. Témoin inattendu d’une cérémonie macabre à la tombée de la nuit, il se lance à corps perdu à la recherche de ces fantômes disparus sans laisser de trace. De déconvenues en découvertes et de déserts en métropoles, Pierre-Marie remontera la piste des Garamantes, aux sources d’une vérité surprenante et imprévue.

 

PhotoAuteurCOUVNé en 1983 sur les rives de l’estuaire de la Loire, Frédéric DIJOL a grandi au cœur du bocage vendéen, dans une maison baptisée Le Moulin. Peut-être y a-t-il rencontré l’amour des lettres, à moins que ce penchant ne lui ait été légué par ses grands-pères, deux amateurs de littérature, l’un écrivain auquel le héros du Secret des Garamantes a emprunté le prénom, l’autre pilote de la Marine marchande qui lui a prêté un nom.

 

Entre dates formelles, faits avérés et anecdotes véridiques, Le Secret des Garamantes offre une version troublante et mystérieuse qui prolonge, le temps d’un roman, des existences hors du commun.

 

Broché 13.5 x 20 cm, 338 pages.
EAN : 9791094276150
Fiction

facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblrmailfacebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblrmail

Extrait

Au fil des heures, je comprends que le nombre d’idées personnelles convaincantes est très mince cette année et que le nombre de sujets de la liste confronté au nombre de thésards dans la salle ne me laissera aucun choix : j’hériterai quoi qu’il advienne du fond du seau. En fin d’après‑midi, le tableau n’affiche plus que deux expressions : Regards sur la relation soignant-soigné en psychanalyse canine et Étude sur la disparition des Garamantes. Le thème qui me reviendra sera donc celui que ne choisira pas Nicolas Denal, un nouvel entrant très discret, qui n’a pas osé s’imposer dans cette lutte sans merci. Il bénéficie tout de même du luxe d’un choix auquel je n’aurai même pas droit.
Il se décide finalement à lever la main :
—  Excusez‑moi monsieur, mais qu’est‑ce que c’est qu’un Garamante ?
— Je m’étonnais que cette question ne m’ait pas encore été posée, mais mieux vaut tard que jamais ! Les Garamantes sont une tribu saharienne. Sachez aussi que ce thème m’a été « suggéré » par Mme Des Georges, l’épouse de notre bien‑aimé doyen, et que celle‑ci m’a annoncé son intention d’assister à cette soutenance de thèse…
Cette dernière information a vraisemblablement fait pencher la balance de notre courageux Nicolas qui a soudain préféré la psychologie canine à la femme du doyen.
J’ai donc hérité d’une jolie chemise cartonnée orange, sur laquelle est écrit au feutre noir : Étude sur la disparition des Garamantes. J’aurais pu tomber plus mal, du moins c’est ce que je croyais avant que M. Fortin me fasse signe de rester après avoir autorisé le groupe à quitter la salle.
—  Alors, satisfait de votre choix ?
— Je ne crois pas que le mot choix soit tout à fait approprié, mais j’avoue que je craignais pire.
— Vous ne croyez pas si bien dire, me dit‑il avec un petit sourire en coin qui me laisse perplexe. J’ai omis de préciser un léger détail lorsque j’ai répondu à M. Denal. Cette étude, pour être réalisée de manière perspicace en bon thésard, devra se dérouler en immersion, au cœur de la tribu des Garamantes du Sahara libyen.
— Comment ?
Je regarde M. Fortin dans les yeux, espérant déceler dans son regard la pointe d’humour qui doit normalement accompagner une blague comme celle‑ci. Mais tout ce que je perçois, c’est cette froideur suffisante.
— Eh oui, vous n’imaginiez tout de même pas étudier les vestiges d’un peuple saharien depuis la bibliothèque universitaire ?
— Non, bien sûr. J’avais aussi l’intention d’aller sur internet et de passer quelques coups de téléphone…
— Voici vos billets, me dit‑il sèchement en me tendant quatre feuilles de papier imprimées.
— Ce n’est donc pas une blague ? Vous pensez vraiment que je vais aller jouer le touareg !
— Je ne le pense pas, je le sais ! Osez refuser ce que je vous demande et vous ne mettez plus les pieds dans cet établissement. Je pensais que notre dernière entrevue avait été assez claire.
Décidément, il m’a dans le nez et cette fois il me tient ! Le milieu des anthropologues professionnels est une petite famille, dans laquelle M. Fortin est reconnu et respecté – à tort ou à raison, mais c’est un fait. Cela signifie que s’il parvient à me virer de Montpellier, il a aussi les moyens de me fermer les portes des autres rares sections d’anthropologie de France et même, je pense, d’Europe. Il sait aussi que j’aime ce boulot et que j’ai vraiment envie d’y faire carrière… Bref, il me tient !
Je finis par prendre les papiers qu’il me donne et les parcours rapidement. L’un d’eux est un e‑billet SNCF à destination de Marseille‑St‑Charles, au départ de Montpellier, le jeudi 16 octobre à 13h38. Le second est un billet pour la traversée Marseille-Tripoli par le ferry de nuit du 16 au 17 octobre. Au‑delà du fait que je n’ai jamais pris de ferry et que j’ai le mal de mer rien que de lire traversée maritime, ce billet m’intrigue. Mais je n’arrive pas à savoir pourquoi… Les deux autres sont les retours datés des 28 et 29 juin.
—  Si je comprends bien, je pars dans trois jours pour passer six mois au fin fond du Sahara ?
—  Quelle perspicacité, ça ne vous ressemble pas !
Il range ses affaires dans sont petit cartable de cuir marron, tout en m’invitant à me présenter rapidement auprès du secrétariat de l’université pour régler tous les détails administratifs relatifs à mon départ, et à mettre à profit les deux jours dont je dispose pour établir mon plan d’étude.
Je quitte la salle en relisant ces deux bouts de papier qui viennent de redéfinir subitement mon avenir proche. Je réalise soudain ce qui m’a turlupiné sur le billet de bateau : il est à mon nom ! Je fais aussitôt demi‑tour et retrouve M. Fortin en train de fermer la porte de la salle à clé.
—  Ce billet est à mon nom. Qu’est‑ce que ça veut dire ?
Je vois soudain mon responsable se redresser et se diriger lentement vers moi comme une vieille locomotive avançant sur la voie où je viens de m’auto‑ligoter.
—  Vous savez Pierre‑Marie, j’enseigne l’anthropologie depuis plus de vingt‑cinq ans. Toutes ces heures passées à essayer de transmettre un savoir m’ont permis d’approfondir un sujet en particulier : l’étudiant. Je pourrais en écrire une encyclopédie. Et malgré l’évolution dont j’ai pu être le témoin durant ces dernières années, au cours desquelles le respect du professeur est devenu une légende, j’ai pu observer des jeunes gens qui se succèdent en se ressemblant. Eh oui, mon cher, vous êtes loin d’être aussi unique et exceptionnel que vous le pensez. Pour répondre à votre interrogation, il a été très facile pour moi de pousser le groupe à ne pas choisir le thème que je vous réservais. Il m’a suffit de deux astuces. D’abord trouver un intitulé prohibitif : Les Garamantes, qui a fait son office en révélant le manque de curiosité d’un groupe qui ne s’est intéressé à ce mot qu’une fois acculé à un choix cornélien ! à ceci, ajouter une contrainte supplémentaire aux autres sujets : celle de soutenir devant la femme du doyen. Le tour est joué ! Pas besoin d’être magicien pour manipuler de jeunes étudiants…
—  Et s’il y avait eu plus de sujets personnels convaincants ?
— C’était un risque tout à fait calculé. Vous n’ignorez pas que les élèves sont sélectionnés non seulement d’après leurs résultats, mais aussi pour certains sur la pertinence de la thèse proposée. Ceci me donnait un aperçu de ce que j’allais entendre cet après‑midi. De plus, je suis le seul à valider les sujets…
Un petit sourire machiavélique accompagnait ces derniers mots.
—  Vous vous en êtes donné du mal pour me voir partir !
— N’est‑ce pas ! Pierre‑Marie, comme vous le savez, ce n’est pas grâce à moi que vous avez réintégré Paul Valéry cette année. à mon sens, votre trahison de l’été dernier est impardonnable. Aussi, à aucun prix je ne pourrai supporter de voir arriver dans ma salle votre petit air satisfait et intouchable durant toute une année. Voilà pourquoi, dans votre intérêt et dans le mien, j’ai mis en œuvre ce qui était dans mes cordes pour que nos chemins soient séparés, sans que cela puisse m’être reproché, le temps que l’eau passe sous les ponts.
— Dois‑je vous remercier ?
— Je n’en n’attends pas autant de vous, mais comme on dit, les voyages forment la jeunesse ! Tirez profit de cette expérience et nous en reparlerons à votre retour. Vous jugerez alors de l’opportunité de me remercier.
— C’est ça, au revoir.
Je repars, cette fois pour de bon, avant de dire quelque chose que je pourrais regretter. La vengeance est, paraît‑il, un plat qui se mange froid. Je commence à comprendre.
Pourquoi me rendre dans un pays au climat hostile et dont je ne parle pas la langue, plutôt que de rester tranquillement à Montpellier à me la couler douce en faisant semblant d’être parti ? Je travaillerai depuis mon bureau sur Garamantes.com et j’arriverai sûrement à rédiger quelque chose qui tient la route. Ça n’est pas un sujet sur lequel une thèse risque d’être contredite par beaucoup de spécialistes ! Et bien qu’il soit rancunier et calculateur, M. Fortin ne dispose pas du budget de la CIA. Il n’ira pas jusqu’à placer des espions sur tout mon chemin pour s’assurer que je suis bel et bien au fin‑fond du désert ! C’est ce que j’ai en tête, alors que je quitte l’enceinte de l’université pour aller m’enfermer chez moi et essayer de digérer cette journée.
Je pose mon sac, ouvre la fenêtre, m’allonge sur le clic‑clac et allume la petite télévision, comme par réflexe. Je regarde en direction du poste sans pouvoir dire ce qu’il diffuse… Trop de choses à ressasser. Après quelques minutes de réflexion, un petit frottement sur mon pied me ramène sur terre. Il s’agit de Mraouw, un petit chat errant qui vit dans la résidence et se nourrit à tous les râteliers. Il s’appelle comme ça, du moins c’est ce qu’il prétend, avec sa voix cassée de chat de gouttière. Je n’ai pas vérifié sur le registre d’état civil, mais lui et moi on ne se pose pas trop de questions. Notre relation est surtout basée sur les croquettes et les os de poulets. Tandis qu’il saute sur l’évier pour lécher l’amoncellement de vaisselle sale, je me lève et effectue les deux pas qui séparent mon clic‑clac de mon bureau. Au milieu de ce dernier trône mon ordinateur, un de ces vestiges de l’avant‑miniaturisation, qui allie encombrement et lenteur d’exécution. Je m’assoie et démarre la bécane, en vue de chercher à faire connaissance avec ces fameux Garamantes. Le temps d’allumage étant d’approximativement dix minutes, j’en profite pour feuilleter le dossier qui m’a été remis. Le contenu est bien maigre : seulement deux documents.
Une carte succincte de la Libye laisse apparaître quelques villes majeures comme Tripoli, Benghazi, Sebha, et quelques autres dont la lecture ne m’évoque pas plus que ces trois‑là. On y voit aussi l’étendue du Sahara au sud et un cercle rouge entourant une zone nommée Erg Abwari au sud-ouest de la carte.
La seconde feuille donne une description sommaire des Garamantes : Installés probablement au Fezzan (Libye), les Garamantes ont ouvert au Ier millénaire avant notre ère une « route des chars » à travers le Sahara central. Cette piste, que les caravanes empruntent encore de nos jours, est jalonnée d’innombrables figures rupestres et relie la Méditerranée au Niger à travers le Fezzan. Envahi en l’an 19 par Cornelius Balbus Minor, le territoire garamante fut annexé à l’Empire romain sous le nom de Phazania. Outre l’ouverture de cette route des chars, on crédite les Garamantes de remarquables travaux hydrauliques, de sculptures en pierre et de tombes à incinération.
Au bas de la page, un petit paragraphe manuscrit précisant les axes de l’étude : à travers l’étude in situ des vestiges récemment découverts, vous établirez les habitudes comportementales des Garamantes ayant peuplé le Sahara Libyen et dresserez le portait de ce peuple en cherchant à mettre en relief les héritages d’une grande civilisation déchue, pour proposer enfin une explication plausible à leur disparition.
Au‑delà de cette expression in situ qui me pose quelques problèmes, je trouve ce thème intéressant et suis curieux d’en apprendre un peu plus.
Mon ordinateur est enfin opérationnel et je tape aussitôt le mot Garamante dans mon moteur de recherche. Les premiers liens vont vers des définitions qui ressemblent beaucoup à celle figurant dans mon dossier. Après une demi‑heure de cyberfouille, je prends conscience de deux choses : l’importance qu’a pu avoir ce peuple avant de s’éteindre, et la beauté des paysages à travers lesquels il a évolué.
Un petit encadré clignotant au bas de mon écran me ramène à la réalité. Il s’agit de ma mère qui prend de mes nouvelles via internet. à peine le temps de lui répondre que ma journée s’est bien passée qu’un second petit encadré se mettre à clignoter : cette fois c’est mon père qui s’inquiète à son tour. Mes parents ne sont pas divorcés ni séparés, ils font juste partie de la génération des papyboomers, récemment retraités et accrocs à l’informatique à tel point que c’est par claviers interposés qu’ils s’informent que le dîner est servi !
Me voilà donc en train de mentir simultanément à l’un comme à l’autre en annonçant que mon année débute à merveille et qu’il n’y a rien de particulier à ajouter, si ce n’est qu’il fait un peu chaud, et que mon eczéma sous les aisselles me reprend… Ceci étant dit, ma mère m’annonce que ma sœur Laurence est à nouveau enceinte et que le bout de chou arrivera pour le mois d’avril. Je lui promets de l’appeler pour la féliciter et clos les deux conversations sur un cyberbisou.
J’aime beaucoup ma sœur, mais on est très différents et on n’a parfois pas grand‑chose à se dire. Elle est mon aînée de trois ans, et partage une vie bien rangée à Paris avec son mari, un avocat qui, convaincu d’en savoir plus que quiconque sur tout, ne parle pas mais enseigne. Ils ont déjà une jolie petite fille d’un an qui, dieu merci, a beaucoup pris de sa mère et est mignonne comme un cœur. Je crois que mes sentiments pour elle sont un peu masqués derrière une jalousie fraternelle qui m’oblige à mépriser son petit bonheur. Je décide de lui envoyer un SMS pour la féliciter en lui indiquant que je l’appellerai…
Les modalités familiales accomplies, je retourne sur la page internet que j’étais en train de lire. Je retombe sur la photo d’une oasis verdoyante perdue au beau milieu des dunes, ainsi que sur le portrait d’un homme du désert masqué derrière un chèche ne laissant apparaître qu’un regard noir et sévère. Je contemple ces images pendant un bon moment, comme si ce touareg avait quelque chose à me dire, et son message se dessine doucement dans ma tête. En prenant un peu de recul sur ce qui se passe, je commence à me demander si mon destin n’est pas en train de me donner rendez‑vous dans l’oasis qui s’étend là, sous mes yeux.
N’ai‑je pas condamné ce projet sans savoir réellement de quoi il s’agissait ? Je commence à me laisser convaincre par l’idée d’avoir repoussé puérilement l’opportunité de voyage, seulement parce qu’elle émanait de M. Fortin. Plus j’y réfléchis, et plus j’estime qu’il faudrait que je sois stupide pour m’enfermer dans ce studio, plutôt que d’aller goûter à la liberté du désert – aux frais de la princesse qui plus est ! Je ne vais pas attendre d’être marié et père de famille pour vivre ce genre d’expérience. Je me ravise donc et prends ma décision : je partirai pour la Libye.
Je me relance ainsi avec un peu plus de ferveur dans mes investigations sur le net en essayant de visualiser précisément le trajet en lui‑même. Je décide assez vite que le pied‑à‑terre de mon séjour sera la ville de Jarmah, située au sud‑est de la Libye et vraisemblablement au centre du passé garamante. Je réalise que les billets qui m’ont été fournis ne mènent que jusqu’à Tripoli, sur la côte. Il me restera alors 700 km de désert à traverser et aucune indication sur ce point. Je décide donc d’éclaircir dès le lendemain ces problèmes matériels et de laisser les Garamantes tranquilles jusqu’à nouvel ordre.
On rediffuse Les gendarmes à Saint‑Tropez ce soir, et rien ne saurait me détourner de cette page de culture audiovisuelle française.

J’arrive au secrétariat de l’UFR  aux aurores – ou presque : 10h35, frais comme un gardon après une bonne nuit de dix heures, une douche revigorante et un petit déjeuner de champion. J’arbore mon plus beau sourire pour tenter d’établir le contact avec Mme Bodin, fonctionnaire quinquagénaire de son état, m’efforçant de ne pas m’attarder sur sa pilosité développée qui souligne son nez d’une jolie petite moustache assortie à son sourcil, formant un trait d’union entre ses deux oreilles.
— Bonjour madame Bodin.
Mon hôtesse redresse péniblement la tête et regarde dans ma direction, puis replonge aussitôt dans sa lecture sans même me répondre. Je suis tenté de manifester mon mécontentement, mais mon expérience d’un an au sein de cet établissement m’a appris à communiquer avec la lunatique Mme Bodin : il faut lui laisser le temps de mise en route comme à un vieux diesel.
Après trente secondes de chauffe, Mme Bodin démarre :
— Monsieur Hamon, quel bon vent vous amène ?
— M. Fortin m’a demandé de vous rendre visite au plus tôt, pour régler les détails administratifs de mon voyage.
— Votre voyage ? Vous partez ?
— Vous n’avez pas été informée ? Pour réaliser ma thèse, je dois partir ce jeudi pour la Libye.
— Oui, oui, c’est vrai. On m’a confié quelques documents à vous faire signer.
Elle se lève en me tournant le dos pour chercher un dossier sur une étagère.
— Si je ne m’abuse, on vous a déjà remis vos billets de train et de bateau, non ?
— C’est juste, mais à ce propos, j’ai une question.
— Je vous écoute, me répond‑elle en regagnant son fauteuil.
— Les billets qui m’ont été donnés me mènent au port de Tripoli, cependant, mon étude porte sur un peuple basé au sud du pays, en plein cœur du Sahara.
— Et alors ?
— Et alors, comment je fais pour traverser les 700 kilomètres qui séparent Tripoli de ma destination ? Et où est‑ce que je loge si jamais j’arrive au but ?
— Voilà de bonnes questions auxquelles vous aurez à répondre seul. Une bourse de neuf cents euros va vous être versée pour prise en charge des frais sur place. Cette somme doit vous servir pour vos trajets dans le pays, votre hébergement et votre nourriture.
— Neuf cents euros mensuels ?
Mme Bodin éclate de rire.
— Oh que non, ça sera neuf cents euros et pas un de plus ! Si vous imaginiez vous prélasser au bord de la piscine d’un cinq étoiles, je crois qu’il va falloir revoir vos ambitions à la baisse.

facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblrmailfacebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedintumblrmail
5.00 sur 5

1 avis pour LE SECRET DES GARAMANTES – Frédéric PARADIS-DIJOL

  1. 5 sur 5

    :

    Merci pour ce beau voyage qui nous emporte au delà de nos espoirs. À lire absolument

Ajouter un Avis

*